Nathalie Bujold

Outre son extraordinaire sens du détail, l’artiste prend un soin jaloux à bricoler des choses, produire des gestes, rendre compte d’évènements, ou s’intéresser à des sujets bien peu spectaculaires. Sa pratique, marquée par une grande diversité de supports et de formats (installation, sculpture, son, travaux relevant du dessin ou de la peinture, etc.), comprend depuis la fin des années 90 une oeuvre vidéo extrêmement dense.  L’étiquette générique que portent ses réalisations vidéo (Les Productions de l’Esprit Pratique) témoigne des valeurs qu’elles véhiculent, nourries d’application et de modestie, et d’un esprit “Do it Yourself”.

Ses emprunts à des formes “vulgaires”, au sens propre du terme, en tout cas modestes (les “ouvrages de dame” notamment: couture, tricot, canevas, etc.), figurent parmi les caractéristiques du travail, qui s’inscrit dans une certaine filiation artistique nourrie autant de culture populaire que de culture savante.”

… À l’instar d”un Christoph Draeger, d’un Denis Brun ou d’une Pipilotti Rist, Nathalie Bujold fait partie d’une génération d’artistes capables d’une étonnante polyvalence (schizophrénie?) qui leur permet d’occuper (presque) simultanément les rôles de réalisateur, de monteur, de compositeur et d’instrumentiste.”

Edouard Monnet

BIOGRAPHIE
Nathalie Bujold se joint au centre d’artistes l’Oeil de Poisson (Québec) à sa fondation en 1985. Après quelques années passées auprès du collectif, elle entreprend des études en arts plastiques. En 1992, elle termine un Baccalauréat à l’UL et remporte le prix René-Richard. Sa troisième exposition personnelle “Le nouveau Wing en Hein” a voyagé dans quelques centres d’artistes (Galerie Clark, l’Oeil de Poisson, Axe-néo-7, Vaste et Vague, Galerie d’art de Matane, AKA et Stride). Diverses expositions collectives l’ont menée à Turin, Soissons, Bogota et Beyrouth. Elle fera quelques séjours à Marseille: en 2002 pour une résidence des Inclassables à Cypres, en 2005 pour une résidence à Vidéochroniques et en 2007 pour l’exposition “De quoi sont les images faîtes?”*. En 2008 Edouard Monnet (Vidéochroniques)* présentera à l’invitation d’Heure Exquise! une programmation monographique “Le petit castelet électronique de Nathalie Bujold” au Palais des Beaux-Arts de Lille. Elle participe à la première édition du Symposium des Îles-de-la-Madeleine et à la dernière édition du Sympofibre de Saint-Hyacinthe. Artiste touche-à-tout, elle a signé les musiques en 1992 du spectacle “Le voyage d’un gâteau”. Son travail des images en mouvement débute en 1989 avec quelques courts Super-8 dont “Simple, rapide et délicieux” et “Le Sheik brun” acquis par la cinémathèque de l’Université Laval. Une quinzaine de monobandes vidéo suivront dont “Les trains où vont les choses” qui lui vaut en 2008 le Prix à la création artistique du CALQ. Celle-ci a été sélectionnée par le NEM lors du Forum 2010 avec les musiques originales de trois jeunes compositeurs dont Taylor Brook (prix du public et 2ème prix). Le compositeur Bernard Falaise l’invite à mettre en vidéo les 25 pièces de “Les petites portes”, (commande du Quatuor Bozzini) concert qui sera présenté en février 2011. Sa dernière exposition “Pixels et Petits points” présente diverses manières d’aborder les images en mouvements. Ses vidéos portent l’étiquette des Productions de l’Esprit Pratique. (la pratique de l’esprit nécessitant l’exercice de l’esprit pratique)

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